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Troisième examen de la politique commerciale de Madagascar: les 14 et 16 Juillet 2015 à l’OMC

  • Troisième examen de la politique commerciale de Madagascar: les 14 et 16 Juillet 2015 à l’OMC

    by Nydiane Razafindrahaingo

    Wednesday, 29 Jul. 2015

     

    Le troisième examen de la politique commerciale de Madagascar s’est tenu à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) les 14 et 16 Juillet 2015. L’examen des pratiques commerciales est un exercice prescrit dans les accords de l’OMC, au cours duquel les politiques commerciales et connexes des pays Membres sont évalués périodiquement, il donne des mises à jour sur la façon dont chaque membre met en œuvre les règles du commerce international. Les faits nouveaux importants qui peuvent avoir une incidence sur le système commercial mondial font également l’objet d’un suivi. Tous les Membres de l’OMC font l’objet de cet examen, dont la fréquence dépend de la taille du pays.

     

    Après 2001 et 2008, c’est cette année que se déroule le troisième examen de politique commerciale de Madagascar. L’examen s’est basé sur un rapport du Secrétariat de l'OMC et sur un rapport du Gouvernement de Madagascar. C’est ainsi qu’avec la participation d’une délégation dirigée par le Ministre du Commerce et de la Consommation: son excellence Monsieur Henri Rabesahala  et certains de ses proches collaborateurs, ainsi que divers représentants d’Institutions et du Gouvernement de Madagascar (la Présidence de la République, la Primature et le Ministère des Finances et du Budget), et avec l’intervention de différents partenaires économiques et commerciaux de Madagascar (entre autres : l’Union Européenne, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, le Maroc, etc.), que ce sont tenus des débats actifs sur la trajectoire de l’économie malgache mais surtout sur l’évolution des différentes pratiques commerciales à Madagascar au cours des sept dernières années.

     

    Différents intervenants et modérateurs ont félicité les efforts effectués par le pays pour relancer l’économie suite aux six années de crise sociopolitique qu’il vient de traverser - période de 2009 à 2014, au cours de laquelle le taux de croissance annuel moyen était moins de 1%; ainsi que les efforts effectués dans le cadre de la libéralisation et de la facilitation des échanges commerciaux. Tous ce sont toutefois accordé sur le fait que ces résultats sont encore bien en-dessous du potentiel économique du pays et que plus d’efforts doivent être déployés afin de pleinement les exploiter et d’assurer le développement rapide et durable de la grande île. A l’aube du terme des Objectifs du Millénaire pour le développement , il a aussi été mentionné que Madagascar ne sera pas en mesure d’atteindre la majorité des huit objectifs fixés, même ceux qui étaient considérés comme atteignables avant la dernière crise.

     

    Depuis le dernier examen de politique commercial de Madagascar en 2008, la structure des exportations du pays a largement changé. Dorénavant, les exportations minières y tiennent une place prépondérante, les exportations agro-alimentaires se sont également diversifiées et les exportations de services ont connu une considérable expansion avec un marché d’environ 1.4 milliards de dollars mettant en exergue l’importance du tourisme. La performance du secteur minier s’explique par l’arrivée d’Investissements Directs Etrangers dans deux principaux projets miniers. Depuis le début des opérations d’extraction de nickel, de cobalt, de titanium et d’autres minéraux, le secteur minier joue un rôle essentiel dans l’économie malgache et fournit actuellement le tiers de ses revenus d’exportation. Toutefois, la contribution de ce secteur au PIB n’est que de 4% car les produits exportés sont souvent des produits bruts, et l’or et les pierres précieuses sont souvent extraites et exportées de manière informelle.

     

    Le rapport souligne aussi l’existence d’un considérable potentiel d’exportation dans le secteur agricole. Madagascar possède une large gamme de produits de niche issus de sa riche biodiversité: le girofle, la vanille, le litchi, le miel, le raphia, l'arachide, le cacao fin et aromatisé et le café.  En outre, le pays dispose encore de vastes étendues de terres cultivables et inexploitées qui pourront abriter des plantations de ces produits. Toutefois, le problème de l’accès à la propriété foncière est encore un principal obstacle à l’investissement dans le pays en dépit de la vaste réforme de la législation foncière qui a été initiée depuis 2005. Certains intervenants ont aussi exprimés leurs inquiétudes quant à l’exploitation abusive de certains produits de la biodiversité de Madagascar. Il est reconnu que Madagascar a un énorme potentiel en ressources maritimes et halieutiques avec une considérable production de crevettes et de crabs. Il s’agit toutefois d’un marché largement dominé par les compagnies étrangères et dont l’exploitation n’est soumise à aucune limitation maximale. L’exploitation forestière a aussi fait l’objet de considérables abus et les autorités n’ont toujours pas réussi à stopper les exportations de bois précieux (palissandre et bois de rose), ou celles des exportations d’animaux sauvages tels que les crocodiles en dépit engagements effectués dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

     

    Cet examen de politique commerciale a aussi mis en exergue un des principaux défis auquel l’économie malgache est confrontée : celui du problème d’infrastructure et d’énergie, en l’occurrence le problème de la compagnie nationale d’électricité (JIRAMA). A l’heure actuelle, Madagascar n’est pas encore en mesure de satisfaire les besoins en électricité des différents consommateurs, constituant ainsi un majeur handicap pour l’industrie manufacturière et minière, deux secteurs qui renferment d’énormes potentiels et qui peuvent servir de levier de croissance pour le pays. Ainsi, la création d’infrastructure et le besoin de restructuration de la compagnie nationale JIRAMA doivent alors figurer parmi les priorités du Gouvernement malgache.

     

    En dernier et non le moindre, le rapport met aussi en exergue les avancées effectuées par la grande île en matière de réformes commerciales et de facilitation des échanges.  Le pays a mis à jour ses notifications adressées à l’OMC, son «centre de références» de l’OMC est opérationnel et les participations aux formations en ligne de l’OMC ont augmenté; un certain nombre de réductions tarifaires ont aussi été constatées, en particulier, en ce qui concerne les intrants agricoles avec une réduction des taux NPF de 13% en 2008 à 12.2% en 2015. Des améliorations considérables ont aussi vues le jour dans le cadre de la mise en œuvre des guichets uniques et la transition vers les procédures de dédouanement électroniques est presque achevée.

     

    En dépit de tous ces progrès, le Gouvernement de Madagascar est toutefois conscient que toute réforme de politique commerciale restera vaine si elle n’est pas soutenue par une amélioration du système sociopolitique de Madagascar, en l’occurrence par le renforcement de la stabilité politique et constitutionnelle du pays, par le respect des règles de droit, le renforcement de la protection des individus et le renforcement des droits de la propriété foncière.

     

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